Sécher les copeaux par fermentation
Broyer vert, laisser fermenter quelques semaines, obtenir des copeaux secs prêts pour la chaudière — sans séchoir, sans énergie supplémentaire. La fermentation naturelle du broyat fait le travail, et peut même être poussée plus loin pour produire chaleur et amendement selon la Méthode Jean Pain.
La fermentation comme séchoir naturel
Lorsque des végétaux ligneux sont broyés et mis en tas, une fermentation s'engage naturellement. Cette fermentation génère une montée en température significative — jusqu'à 70 à 80 °C au cœur du tas, du fait de l'activité bactérienne intense. Non seulement la chaleur contribue à évacuer une partie de l'humidité, mais en plus, les bactéries responsables de cette fermentation consomment de l'eau pour vivre ! C'est ainsi que l'on peut sécher rapidement les copeaux de bois vert, les rendant aptes à l'utilisation en chaudière automatique sans avoir recours à d'autres méthodes de séchage -séchage long sous forme de rondins notamment.
Cette technique présente à la fois un avantage temporel, puisqu'elle permet de broyer immédiatement après la coupe, sans attendre le séchage préalable du bois en grumes qui peut prendre plusieurs mois voire plusieurs années, et un avantage de confort, puisque le broyage du bois vert demande moins de puissance et génère moins de bruit, de poussière et d'usure du matériel, par rapport au broyage de bois sec. Enfin, elle permet de valoriser l'ensemble de l'arbre, du tronc jusqu'aux branches.
Le protocole de séchage par fermentation
Pour obtenir de bons résultats, le respect de quelques règles simples lors de la récolte et du stockage est impératif.
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1Broyer immédiatement après la coupe
Il est essentiel de broyer le bois le plus rapidement possible après la coupe — l'idéal étant de couper et broyer en continu. Cela dégage l'espace de travail pour plus de sécurité, évite les enchevêtrements de branchages qui compliquent les opérations de broyage, et surtout permet aux fermentations de s'engager immédiatement et vigoureusement sur un matériau encore frais.
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2Stocker sur 1 mètre de hauteur pendant 1 mois
Durant la phase de fermentation active, la hauteur du tas doit être limitée à environ 1 mètre. Si le tas est trop volumineux, la chaleur produite au cœur — pouvant atteindre 70 à 80 °C — peut provoquer des carbonisations internes et entraîner une perte de matière, entre autres désagréments. Un tas limité en hauteur permet d'éviter cet effet "d'emballement" et offre un séchage optimal.
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3Après un mois : constituer le stock définitif
Au bout d'un mois, la fermentation active se ralentit et la température chute. Il est alors possible de re-stocker le broyat sur des hauteurs bien plus importantes, sans risque de carbonisation. La fermentation plus lente qui se poursuit continue de sécher les copeaux progressivement, jusqu'à atteindre un taux d'humidité inférieur à 20 % en trois à cinq mois.
Pour que la fermentation sèche efficacement les copeaux, le tas doit être stocké à l'abri de la pluie. Cependant, le tas a également besoin de respirer, c'est pourquoi nous déconseillons l'usage d'une bâche qui génèrerait de la condensation. L'idéal reste un abri type auvent.
Granulométrie et qualité du séchage
La granulométrie des copeaux est essentielle à double titre dans ce processus : elle conditionne la qualité du séchage par fermentation, et la performance de l'utilisation ultérieure en chaudière automatique.
Un copeau homogène sèche de façon régulière dans tout le tas. Les gros morceaux ralentissent le processus et maintiennent des zones humides qui compromettent la qualité du stockage.
La fibre courte des copeaux Super-Pain offre une plus grande surface de contact pour les micro-organismes — ce qui active une fermentation rapide et homogène dès les premiers jours.
L'absence de gros morceaux réduit l'effort demandé aux réducteurs des vis d'alimentation des chaudières automatiques — limitant l'usure prématurée, la surconsommation d'électricité, et les risques de blocage.
Les copeaux Super-Pain sont valorisables directement en sortie du broyeur — sans crible ni grille, sans étape de tri ou de rebroyage supplémentaire.
Fermenter pour sécher ou fermenter pour chauffer ?
La fermentation décrite jusqu'ici est une fermentation courte et sèche — on recherche l'évacuation de l'humidité, pour un usage final en chaudière à plaquettes. Mais la même réaction peut être conduite différemment : en apportant un arrosage régulier au tas, on entretient la fermentation dans la durée et on peut en extraire de la chaleur par contact — eau chaude, chauffage de serre, etc — tout en produisant en parallèle un amendement organique de haute valeur.
C'est la voie explorée par Jean Pain dès 1975, et développée en détail dans Les Méthodes Jean Pain. Les deux usages ne s'opposent pas : le choix entre l'un et l'autre dépend essentiellement du volume de matière disponible et de l'objectif visé.
- Objectif : obtenir des copeaux secs pour chaudière
- Durée : 3 à 5 mois pour atteindre < 20 % d'humidité
- Stockage à l'abri, sans arrosage
- Accessible en petit volume
- Pas de récupération de chaleur ni d'amendement
- Double production : chaleur exploitable + amendement organique
- Durée : jusqu'à 18 mois à température stable
- Arrosage régulier pour maintenir la fermentation active
- Nécessite de grands volumes de matière
- Installation de récupération à prévoir
La qualité du copeau, dès la sortie du broyeur
Que vous visiez le séchage par fermentation, la chaudière automatique, ou toute autre valorisation, nos Super-Pain produisent le broyat idéal — homogène, fibre courte, sans criblage ni rebroyage. Fabriqués en France depuis 1981.